Curiosités

Autour de la Place des Vosges

1 avril 2017
Place des Vosges - Malle Ethnik

« C’est le coup de lance de Montgomery qui a créé la place des Vosges. »

Victor Hugo

Par cette phrase, l’auteur des Misérables – qui habita seize années durant sur cette célèbre place du quartier du Marais à Paris  – évoque un malheureux incident qui y eut lieu le 10 juillet 1559. Lors d’un tournoi, le comte de Mongoméry porta un coup fatal au roi Henri II qui succomba à ses blessures. Eperdue de chagrin, Catherine de Médicis fit raser la Maison Royale des Tournelles où le drame s’était produit. C’est à cet endroit, devenu après le drame un marché aux chevaux, qu’Henri IV décida alors en 1605 de faire bâtir, par son architecte Louis Métezeau, une place carrée dont les trois côtés seraient cédés à des particuliers. D’abord baptisée Place Royale en 1612, elle est renommée en 1800 Place des Vosges par Napoléon Bonaparte, en hommage au premier département qui lui versa son impôt de guerre.

La Place Royale

Avec cette place, c’est la première fois dans l’histoire que le souci d’urbanisme entre en compte dans l’aménagement d’un site parisien. De style Renaissance, la place des Vosges est d’une ordonnance parfaite, son plan est quasiment carré, 127 m sur 140 m, entouré de 36 pavillons sur arcades (9 sur chaque côté).

Dès le début, tout le beau Paris se presse pour y habiter ou séjourner. Le n°1 est celui du Roi, juste en face de celui de la Reine au n°28. Tout près, au 1 bis, est née Mme de Sévigné. Bossuet habita au n°17. Victor Hugo au n°6, à la suite du maréchal de Lavardin. La famille Clermont-Tonnerre occupa le n°18 et le n°7 fut la propriété de Sully dès 1634… Que du beau monde, on vous dit !

À l’origine, le jardin central n’existait pas. Cet espace libre était utilisé pour des fêtes et tournois jusqu’en 1670 date à laquelle un parc est créé. Sous les élégantes arcades désormais, des galeries de peintures, boutiques de créateurs, antiquaires et bonnes tables ponctuent la promenade, maintenant ainsi le prestige de ce joyau de l’architecture parisienne.

Une adresse TRENDY et FASHION

Pour profiter au mieux de l’été qui joue les prolongations à Paris, je vous recommande d’entamer votre parcours jusqu’à la place des Vosges depuis la célèbre rue des Francs Bourgeois. Avec ses boutiques de luxe ouvertes le dimanche, c’est un des hauts-lieux du shopping à Paris. Mais, il n’en a pas toujours été ainsi !

En effet, la rue doit son nom à une « maison d’aumône » qui s’y trouvait à partir de 1334. Ses occupants, des miséreux sans le sou, étaient exemptés de taxes (en vieux français, une « ville franche », est une ville libre de taxes seigneuriales ; quant au « bourgeois », il n’est qu’un habitant d’un bourg, donc d’une ville). Cette rue populaire longeait ainsi en partie la muraille édifiée par Philippe-Auguste pour ceindre Paris.

Témoignages de cette époque, d’anciens commerces de bouche (pâtisseries, boucheries ou autres), aux n°7, n°23 ou n°36 notamment, servent à présent de cadre de charme aux enseignes de mode. C’est grâce à la proximité de la place des Vosges que la rue s’est par la suite métamorphosée ; nombre de nobles ayant trouvé là du « terrain à bâtir » à l’extérieur des remparts pour y édifier leurs demeures somptueuses.

Madame de Sévigné vécut une vingtaine d’années dans l’un de ces hôtels particuliers lorsqu’elle n’était pas à la Cour. Ce très bel hôtel particulier, exemple d’architecture de la Renaissance remanié par Mansart au XVIIe, abrite de nos jours le musée Carnavalet consacré à l’histoire de Paris.

Après un shopping rue des Francs Bourgeois, offrez-vous une pause gourmande bien méritée chez Carette, un charmant salon de thé, juste en face de la Place. Le cadre est magnifique avec une terrasse et une avant-salle sous les voûtes de briques et de pierres. Temple de douceurs sucrées-salées, l’endroit est paraît-il idéal pour un brunch ou un goûter…

Mais ça, c’est une autre histoire.

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